• AAH

    AAH

















    Cachez -moi, cachez cette roue, cette chair, ses traits que je ne saurais voir…

    Qu’en est-il quand le ou la centauresse s’est trahie. Hommes, femmes aux pieds circulaires, qui roulent corps usé au lieu que de marcher.

    Qu’est-ce qu’un bassin bloqué, si ce n’est qu’une nouveauté.

    Qu’en est-il quand l’ogre ou l’ogresse s’est dévoilé. Hommes, femmes aux formes bien trop potelées, qui chaloupent corps distendus au lieu de déambuler.

    Qu’est-ce qu’une rondeur exacerbée si ce n’est une opulence.

    Qu’en est-il quand le vilain ou la vilaine s’est exposé. Hommes, femmes aux traits distordus, esquisses d’humanité qui s’excusent corps disgracieux au lieu de flamboyer.

    Qu’est-ce qu’une laideur prononcée, si ce n’est une originalité.

    Là au creux du lit corps et cœur nu, le sexe ému, où sont les différences des toutes les appétences. Sommes de tous ces « j’ai envie de toi », osés, murmurés dans la nuit, griffonnés sur le flot numérique ou un morceau de papier. Quand l’imago refléta les appâts convoités d’un égo en lequel, verge et vagin ont reconnu l’éveil éminent. Pourquoi ne plus avoir envie de se jeter à corps et à cri dans ses draps, dans ses bras et de savourer un instant d’éternité.

    Où est le handicap, (ça y est le mot est lâché), dans ce corps exposé dans l’innocence de sa nudité ou dans les esprits qui surchauffés qui s’étaient promis de se rêver. Le valide est-il celui qui se tient fier et droit, ou dans cet être qui ose revendiquer. A vous de répondre, vous ses dits « valides », vous ses dits « handicapés ».

    Pour ma part, je vais vous dire à vous tous qu’il n’y a pas plus de handicapés que de valides, mais juste des peurs, des incompréhensions. Que tout se joue dans la beauté de la peau qui se tend, de la jouissance qui se hurle. Et fait résonner notre cher cerveau sous les délices du plaisir.

    Qu’un corps handicapé qui s’oublie à aimer et à se faire aimer ne vaille pas plus que celui d’un valide qui méprise de regarder où se situe la beauté de son envie. Qu’un corps handicapé qui n’accepte plus que les soins pour caresses, ne vaille pas plus qu’une main qui branle une verge ou une vulve, petit plaisir mesquin qui n’apporte rien qu’une nano seconde de répit à ce corps qui crie à cette âme qui souffre de n’être plus rien, même plus un humain…

    Alors à vous tous je dis en frères, en sœurs, d’aimer et de se laisser aimer, oublions le dicta de la bandaison, bander, éjaculer n’est pas jouir, loin de là… Oublions le dicta de la jouissance que vaginale, se faire posséder n’est pas jouir, loin de là…

    Oublions de mesurer notre être à l’aulne de notre sexe, petite ou grande quelle importance, seule compte le désir suscité. Plissée ou ébahie qu’importe si elle suscite l’envie. Faire l’amour ne se résume pas qu’a la jonction de deux sexes, à la pénétration, à l’éjaculation mais à la séduction, aux dialogues, aux caresses, aux jeux, aux désirs. Alors arrêtons de dire je ne peux plus aimer, je ne peux plus bander, laissons nos mains, nos langues, des jouets prendre la place d’une chaire affaiblie, amollie par des traitements, des brisures, des cassures, des lésions et jouissons. Jouissons au siège même de notre jouissance, ce cerveau si badaud, qu’il suffit de faire vibrer pour ne plus le berner.

    Alors quand le ou la centauresse s’est trahie. Hommes, femmes aux pieds circulaires, qui roulent corps usé au lieu que de marcher, moi l’humain je dis… Qu’importe ce bassin bloqué, il est nouveauté, aide-moi, parle- moi, guide-moi pour mieux t’aimer, car je ne sais pas, mais je ne demande qu’à te découvrir.

    Alors quand l’ogre ou l’ogresse s’est dévoilé. Hommes, femmes aux formes bien trop potelées , qui chaloupent corps distendus au lieu de déambuler, moi l’humain je dis… j’aime ces rondeurs exacerbées qui n’est qu’opulence, aide-moi, parle- moi, guide-moi pour découvrir ce kamasutra que ton corps impose et laisse moi y écrire ma prose.

    Alors quand le vilain ou la vilaine s’est exposé. Hommes, femmes aux traits distordus, esquisses d’humanité qui s’excusent corps disgracieux au lieu de flamboyer, moi l’humain je dis… cette laideur prononcée, n’est qu’une originalité, aide-moi, parle- moi, guide-moi, laisse le souvenir de nos dialogues la gommer. Ce n’est pas un visage que j’aime, mais bien l’être que tu es.

    Dans un lit, dans un cri le « handicap », le « valide » n’est plus… C’est dans un œil alangui de plaisir que l’humain est et qu’il révèle sa beauté.

     

    © 2010 – Thierry TE DUNNE
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