• Ecce homo

    Les Heures Libertines 

    Ecce homo est une expression latine signifiant voici l'homme et un Extrait de mon roman Libertin'âge.

    Alix sourit et Margot s’en hardi.  Elle le fait s’assoire sur le Remacier et entreprend de lui délacer ses chaussures. C’est la première fois qu’elle déshabille un homme. Gauche , elle bute sur la ceinture, dérape sur le bouton de son pantalon et lutte pour l’extirper du cuir, du fil, du cachemire, du coton, qui recouvre cet homme cadeau. bonne écolière, elle met à nu cet homme face à elle en éprouvant un plaisir qu’elle ne peut dissimuler devant ce corps qu’elle dévoile.

     Teint hâlé, visage rendu grave par le port de la barbe, ses yeux gris, ses lèvres fines, ses rides marquées reflètent un paix intérieur, que chacun de ses gestes lents et mesurés dénoncent, comme si il avait toujours le temps. Sans être très beau, il émane de lui comme une coquetterie,  un rien d’indécence, qui traîne sur le bout de la langue et vous force à y réfléchir pour l’énoncer. Dans sa cinquantaine, il a conservé un ventre relativement plat sous son torse velu aux pectoraux larges et gracieusement dessinés.

     Une musculature de citadin, d’homme de lettre, ayant sans doute pense Margot, été gymnaste dans sa jeunesse.

     D’ailleurs la forme oblongue de ses biceps la fixe sur cette idée, tant qu’a ses mains parfaitement manucurées, elle sont tentatrices et douce.  Margot cède à l’invite de celle-ci et les caresses, les embrasses lentement.

     Il est nu et n’éprouve aucune gêne à être ainsi, assis devant elle et à loisir, la laisser prendre conscience de son être. Margot rougie en réalisant où c’est porté instinctivement son regard.

     Elle se mort les lèvres de résipiscence et de convoitise. Apollon de Mantoue, Alix attend sans ciller, l’œil critique de cette visiteuse.  Étrangement Margot,  ne peut réfréner son esprit qui cherche en ses souvenirs une comparaison, elle s’agace de raisonner ainsi, lutte contre les images érotiques que la verge d’Alix au repos suscite en elle. S’emporte contre cette conscience qui lui serine que c’était bien ce qu’elle voulait découvrir et qui la culbute dans l’amertume de l’honnêteté. L’acidité des reproches la sature et la pousse en avant, à vouloir goûter cette douceur qui émane de cette verge ingénue qui totalement épilée s’offre dans la simplicité de son appareil. Elle en veut en cet instant, à cet Adam, assit sur les marches du paradis, d’être aussi beau. 

     Eve indécise, Margot sort de sa léthargie cognitive,  se relève et en un jeu de séduction, déchausse ses bottes, quitte sa jupe, ouvre son chemisier. Tentatrice,  elle ôte une à une les épingles de son chignon et libère sa chevelure, puis s’asseyant à ses pieds, elle délaisse volontiers la pomme de cet Adam, pour son “Serpent de l’Eden” source de son savoir prochain.

     Cyclope opalescent, nervuré, enchaîné par son frenulum, il repose, attendant sagement son temps. Margot goûte du bout de la langue, la pointe rosée du gland encore endimanché par le prépuce, s’émeut de sa délicatesse, s’ouvre à ces succulences de chypre fruité, tendre et profonde, agrémenté d’une note fruitée, qui donne à Margot une touche d’espièglerie et lui fait arrondir ses lèvres, sur la verge d’Alix qui s’éveille en sa bouche. Margot suffoque sous la volupté qu’elle éprouve en cet instant, ce point d’éternité qui la relie au masculin qui s’étire, se tend vers l’infini de sa bouche. Elle éprouve la pesanteur de la chair sur sa langue, tympanise ses zygomatiques, étonnés de devoir se dilater autant pour s’ajuster à la circonférence, hoquette en sentant le gland flatter sa glotte.

     Son hippocampe assimile ses nouvelles données et les enregistre. Sans pouvoir les stocker, tel une imprimante, elle fait passer ses impressions mémorielles à court terme vers la mémoire à long terme de son cortex. Le traitement des informations engage Margot sur une volonté de comparaison qu’elle ne peut réprimer. Stimulant son hippocampe, elle entame une session de mémoire associative qui ouvre sa conscience sur l’instant et lui permet d’adapter ses gestes, son appétence à cette verge inconnue.  Forte de souvenirs des deux verges côtoyées, Pythagoricienne elle cherche  l’hypoténuse de ce phallus et avoue que verges cathètes de Jean et Antoine même mise au carré ne peuvent former avec celle d’Alix un triangle rectangle, elle observe ainsi un retrait prudent sous cette longueur singulière pour ne pas rendre gorge.

    La faible valeur de ses anciens amants multiplier à ... ne l’avait pas accoutumée à entrouvrir autant ses lèvres et à lutter contre les contractures qui menacent en alternant jeu de langue, lèvres et doigts. 

     Elle réalise que ce qu’elle prenait pour une maîtrise d’après les dires de Jean, n’était que les prémises de cette tierce qui l’oblige à désapprendre instantanément.  Frustrée par ses souvenirs, en elle tout change, elle a l’impression d’enfin jouer dans la cour des grandes et de s’offrir d’innombrables possibilités. Comme devant le glory hole, elle se sent fière d’oser, de prendre, de jouer. Elle éprouve un réel plaisir de faire souffrir Alix qui la main dans ses cheveux ; elle adore cela, lui donne son absolution. Sa culotte est une gêne, un carcan qui l’empêche de céder aux caprices de sont clitoris éveiller frottant contre le tissus, de ses nymphes gonflées, qui la taraude d’envie , mais Margot ne veut en rien lâcher cette verge qu’elle courtise et se venge sur Alix en le mordant féline...

    Extrait de mon roman Libertin'âge.

     

    © 2013 – Thierry TE DUNNE
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