• Je.. Jeux

     

    Je.. JeuxIl la voit venir vers lui, rousse pétillante, pressée. D’un geste anodin, elle ouvre la porte de la librairie, avant qu’il est pu apposer son écriteau “Fermé pour le Déjeuner”  .

    — Bonjour, vous auriez internet, l’apostrophe Benoîte en entrant comme un ouragan.

    — Heu ! Oui, Bonjour.

    — Pardonnez moi monsieur.

     — Alix.

    — Pardonnez moi Alix, Benoîte, j’ai besoin de vous, je dois absolument envoyer ce mail.

    Sans attendre, Benoîte sort fébrilement, un agenda et lui montre les pages noircies.

    — Désolé, mais je n’avais que cela pour écrire.

    Benoîte plante sous le nez d’Alix, une feuille de son agenda aux jours noircis de mots, de ratures.

    — J’allais justement fermer pour le déjeuner.

    Le mot “ Déjeuner” fait réaliser à Benoîte l’heure qu’il est et le temps qu’elle a passé à écrire.

    — Donc, vous ne voulez pas ! s’emporte Benoîte, une femme a…

    Il ne l’écoute plus, Alix se contente de la regarder et d’aimer cet instant en souriant à cette magnifique femme qui telle une avocate devant un jury, porte sa diatribe en des mots verbeux, réclamant une sentence pour crime de lèse féminité.  Alix nonchalant,  ferme la porte de sa librairie et appose l’écriteau, puis  toujours sous les invectives de cette femme qui se présente sous le doux prénom de Benoîte , pose avec audace ses lèvres sur les siennes et savoure cette éternité de silence.

    Estomaqué, Benoîte va pour flanquer une paire de gifle à ce goujat, mais sans comprendre, cède à l’invite de la langue qui force lentement la barrière d’émaille de ses dents et vient inviter la sienne à danser. Étrange valse, emplit d’un respect qui étonne Benoîte par ce léger claquement qui tel un hussard claquant des talons en guise de salut d’autrefois vient de résonner sur le bout de sa langue.

    Victorienne, elle ne sait que répondre à cette invite et laisse sagement assise, à son cavalier le choix du tempo.

    C’est d’abord une valse lente, harmonie des battements de son cœur qui en maître de musique marque les pas de ses 90 pulsations minute. Maniaque, il résonne dans sa poitrine, frappe à ses tempes les coups excités qui s’amplifient sous le plaisir qu’elle ressent en savourant la pulpe des lèvres d’Alix, la saveur de sa salive doucereusement mentholée, ses frôlements linguale métronomiques qui la font lentement chavirer. Elle ressent en elle des sensations inconnues, non pas qu’elles se sont jamais produites dans sa vie de femme, mais auxquelles, elle n’avait jamais fait attention. Elle à subitement honte de cette inexpérience,  en ressentant le derme de sa poitrine, ses joues, ses cuisses rougir, en sentant l’odeur de son corps s’étager par son désir.

    Elle pue, du moins le croit-elle en découvrant sous les fragrances habituelle de son parfum poindre l’acrétée de sa sueur, qui lui semble dégouliner abjecte, des ailettes de son nez, de ses aisselles, du bas de son dos, cirant son visage, auréolant son chemisier, imbibant le feston de sa culotte. 

    Son coeur s’affole, non de peur juvénile, comme elle le croit, mais perfide, il suit maintenant l’accélération de la langue d’Alix, fouillant, mêlant, nouant leur chair en un profond baiser, l’emportant dans une valse folle. Qui la fait suffoquer, en portant l’allure de 90 à 110 pulsations minute, durcir ses tétins, gonfler, brunir ses aréoles, transsuder sa vulve de cyprine, empoisser par ses glandes de Bartholin dès l’acceptation de se baiser.

    Puis tout s’arrête en un…

    — Pardonnez-moi Madame, j’ai… irrévérencieusement, cédé à mon désir. Le libertin que je suis, vient de vous voler un baiser…, c’est… Serviteur Madame et accepter mes excuses, je vais vous aider à…

    Benoîte, interloquée par ce ton si ancien, inattendu et le choix des mots, reprend de sa contenance un bref instant avant que de céder à la colère et de répliquer sèchement.

    — Libertin dites-vous, mais justement, n’est pas être libertin que de pas continuer votre entreprise, alors vous me… séduisez… elle bafouille en essayant de répondre sur le même style linguistique qu’Alix… et vous m’abandonner, je croyais justement qu’un libertin se vautrerait dans cette aubaine…

    — Vous n’y êtes pas du tout, un libertin ne doit jamais ce conduire ainsi, je…, écouter, cela n’est pas le propos, je…

    — Je ne vous plait pas, je suis bien trop périmée c’est cela, s’emporte Benoîte maintenant frustrée.

    — Mais non bien au contraire, je… laissons cela, venez nous allons passer votre mail.

    Le cœur 170 pulsassions, Benoîte clos les lèvres d’Alix en l’embrassant avec fougue.

    Vexée de la retenue d’Alix, lèvres soudées aux siennes, Benoîte force avec culot cet homme en le repoussant de baisers en baisers, vers la porte du fond.

    Dans sa hâte, Benoîte ouvre la porte… des toilettes.

    — Je ne pense pas que ce soit l’endroit idéal, assure Alix dans un sourire.

    — Euh ! non, c’est bien trop petit, réplique Benoîte avec aplomb, déguisant sa gêne.

    — Viens ! c’est par ici, la réserve est plus spacieuse, tu veux du thé ?

    Ce tutoiement la déconcerte, perdant toute hardiesse, Benoîte sourit  et accepte l’invite d’Alix qui d’une pression sur un montant, ouvre une porte dérobée entre deux rayonnages. La fausse bibliothèque glisse sur ses paumelles et  s’entrouvre sur une pièce spacieuse, emplie de rayonnages, de cartons, d’un simple bureau et d’une chaise. Un escalier en colimaçon donne sur l’étage supérieur et privé, suppute Benoîte en regardant Alix le gravir , l’abandonnant volontairement un instant pour allez chercher deux tasses de thé et une bouteille de whisky.

    — Pardonnes-moi, je ne t’ai pas invité à me suivre, le propriétaire a déporté l’entrée de l’immeuble rue des Ursulines, laissant cet escalier et un petit palier, que j’ai aménagé en une minuscule cuisine. Un doigt de whisky ça te tente ?

    Benoîte rougit , cet homme la trouble par tant de courtoisie, de manières, qu’elle ressent l’envie subite d’être vulgaire.

    Est-il…

    — Non je ne suis pas gay, assure Alix, comme si il avait deviné sa pensée, mais… Il s’avance et verse une rasade de whisky dans la tasse de Benoîte avant de lui voler un baiser. Mais, en tant que serviteur du féminin sacrée, je sais différencier, une bravade, d’une envie. Buvez Madame et nous saurons… Ordonne-t-il d’un air conspirateur en souriant franchement.

    Déconcertée, Benoîte s’exécute en lappant le breuvage qui la décontracte lentement.

    — Voilà, j’ai bu votre…, elle se force au tutoiement,  ton filtre et que va-t-il se passer ?

    Demande Benoîte déconcerté, hésitante devant l’amusement, l’agacement, le désir qui la houspille comme cet homme, qui nonchalant attend.

    C’est un… jeu…

    Ce mot s’inscrit en une révélation. Ils jouent ensemble et c’est la première fois pour Benoîte que “Vouloir faire l’amour ” devient ludique.

    Avec Raymond, feu son mari, c’était conventionnel, de la perte de son pucelage en sept set, leur record lors de leur nuit de noces et ses 34 ans de vie commune, de rapports bi-mensuels en une demi-heure bâclée par une pénétration courte et poussive. Même ses brefs coïts adultères, irréfléchis, dans les vestiaires avec Victor, pays, ami, confrère, expatriés comme eux du Nivernais pour travailler dans l’administration des postes, ne lui avaient pas enseignés les règles de cette partie qui s’engage.

    — Maintenant, que veux-tu, toi ?, Lui murmure Alix en prenant sa tasse pour la poser sur le bureau.

    Benoîte, tergiverse et cède à ses volontés sans attendre. D’un geste qu’elle veut naturel, elle se dévêt, ôte féline jupe, chemisier, chaussures. Elle va pour faire glisser sa culotte, mais Alix en un mouvement tendre lui interdit.

    — Garde là, il est des courbes qui se méritent dans la découverte. J’aime déjà ce que je vois, voilà un doux cadeau de femme, lui susurre Alix à l’oreille en guidant ses mains vers les boutons de sa chemise.

    Étonnée des mots, du respect qu’Alix lui témoigne, un peu angoissée devant ce qu’elle envisage être une sorte de perversion, elle hésite.

    — Il ne se passera rien que tu ne veuille Benoîte, la rassure Alix en l’embrassant délicatement sur le bout du nez, tu peux tout arrêter à touts moments.

     

    Je.. JeuxElle le croit qu’a moitié, frissonne sous le souvenir de sa première fois en anal avec Victor.

    Pantalon, slip, culotte sur les chevilles, blouse ouverte, dans les toilettes du vestiaire, il lui assurait dans un amour sincère, des mots tendres, son index entre ses fesses de se laissez aller et de lui offrir la primeur de sa rosette, lui qui aurait aimer l’avoir rosière et l’épouser et que si elle avait mal ou n’aimait pas, ils arrêterait sans attendre. Avant que d’ignorer ses suppliques, de la forcer soudard, de la besogner sans tendresse et d’éjaculer précoce en elle et de lui assurer vainqueur en ce qu’il veut être un compliment en guise de remerciements “qu’elle est une belle salope avec un cul d’enfer”.

    Pourtant, en l’instant, l’accent de sincérité d’Alix, qu’elle perçoit dans sa voix l’autorise à lui faire confiance, à vouloir y croire. Reléguant les Tartuferies de Victor, comme elle l’avait fait en une gifle cuisante en le surprenant dans la réserve la main dans la culotte d’une collègue. Benoîte bonne écolière, met à nu cet homme face à elle en éprouvant un plaisir qu’elle ne peut dissimuler devant ce corps qu’elle dévoile.


    Teint hâlé, visage rendu grave par le port de la barbe, ses yeux gris, ses lèvres fines, ses rides marquées reflètent un paix intérieur, que chacun de ses gestes lents et mesurés dénoncent, comme si il avait toujours le temps.

    Sans être très beau, il émane de lui comme une coquetterie,  un rien d’indécence, qui traîne sur le bout de la langue et vous force à y réfléchir pour l’énoncer.

    Dans sa cinquantaine, il a conservé un ventre relativement plat sous son torse velu aux pectoraux larges et gracieusement dessinés. Une musculature de citadin, d’homme de lettre, ayant sans doute pense Benoîte, été gymnaste dans sa jeunesse. D’ailleurs la forme oblongue de ses biceps la fixe sur cette idée, tant qu’a ses mains parfaitement manucurées, elle sont tentatrices et douce.  Benoîte cède à l’invite de celle-ci et les caresses, les embrasses lentement. Souligne son propre visage, son cou, la pointe de ses seins.

    Alix lui sourit avec simplicité et Benoîte s’en hardi.  Elle le fait s’assoire sur une marche de l’escalier et entreprend de lui délacer ses chaussures. C’est la première fois qu’elle déshabille un homme.

    Gauche , elle bute sur la ceinture, dérape sur le bouton de son pantalon et lutte pour l’extirper du cuir, du fil, du cachemire, du coton, qui recouvre cet homme cadeau.

    Il est nu et n’éprouve aucune gêne à être ainsi, assis devant elle et à loisir, la laisser prendre conscience de son être.

    Benoîte rougie en réalisant où c’est porté instinctivement son regard. Elle se mort les lèvres de résipiscence et de convoitise.

    Apollon de Mantoue, Alix attend sans ciller, l’œil critique de cette visiteuse. Étrangement Benoîte,  ne peut réfréner son esprit qui cherche en ses souvenirs une comparaison, elle s’agace de raisonner ainsi, lutte contre les images érotiques que la verge d’Alix au repos suscite en elle. S’emporte contre cette conscience qui lui serine que c’était bien ce qu’elle voulait découvrir et qui la culbute dans l’amertume de l’honnêteté. L’acidité des reproches la sature et la pousse en avant, à vouloir goûter cette douceur qui émane de cette verge ingénue qui totalement épilée s’offre dans la simplicité de son appareil. 

     

    Je.. JeuxElle en veut en cet instant, à cet Adam, assit sur les marches du paradis, d’être aussi beau.  Tel une Eve indécise, Benoîte sort de sa léthargie cognitive et s’asseyant à ses pieds, elle délaisse volontiers la pomme de cet Adam, pour son “Serpent de l’Eden” source de son savoir prochain.

    Cyclope opalescent, nervuré, enchaîné par son frenulum, il repose, attendant sagement son temps. Benoîte goûte du bout de la langue, la pointe rosée du gland encore endimanché par le prépuce, s’émeut de sa délicatesse, s’ouvre à ces succulences de chypre fruité, tendre et profonde, agrémenté d’une note fruitée, qui donne à Benoîte une touche d’espièglerie et lui fait arrondir ses lèvres, sur la verge d’Alix qui s’éveille en sa bouche. Benoîte suffoque sous la volupté qu’elle éprouve en cet instant, ce point d’éternité qui la relie au masculin qui s’étire, se tend vers l’infini de sa bouche. Elle éprouve la pesanteur de la chair sur sa langue, tympanise ses zygomatiques, étonnés de devoir se dilater autant pour s’ajuster à la circonférence, hoquette en sentant le gland flatter sa glotte.

     

    Son hippocampe assimile ses nouvelles données et les enregistre. Sans pouvoir les stocker, tel une imprimante, elle fait passer ses impressions mémorielles à court terme vers la mémoire à long terme de son cortex. Le traitement des informations engage Benoîte sur une volonté de comparaison qu’elle ne peut réprimer. Stimulant son hippocampe, elle entame une session de mémoire associative qui ouvre sa conscience sur l’instant et lui permet d’adapter ses gestes, son appétence à cette verge inconnue.  Forte de souvenirs des deux verges côtoyées, Pythagoricienne elle cherche  l’hypoténuse de ce phallus et avoue que verges cathètes de Raymond et Victor même mise au carré ne peuvent former avec celle d’Alix un triangle rectangle, elle observe ainsi un retrait prudent sous cette longueur singulière pour ne pas rendre gorge. 

    La faible valeur de ses anciens amants multiplier à π ne l’avait pas accoutumée à entrouvrir autant ses lèvres et à lutter contre les contractures qui menacent en alternant jeu de langue, lèvres et doigts.  

    Elle réalise que ce qu’elle prenait pour une maîtrise d’après les dires de Victor, n’était que les prémises de cette tierce qui l’oblige à désapprendre instantanément.  Frustrée par ses souvenirs, en elle tout change, elle a l’impression d’enfin jouer dans la cour des grandes et de s’offrir d’innombrables possibilités. Elle se sent fière d’oser, de prendre, de jouer. Elle éprouve un réel plaisir de faire souffrir Alix qui la main dans ses cheveux ; elle adore cela, lui donne son absolution. Sa culotte est une gêne, un carcan qui l’empêche de céder aux caprices de sont clitoris éveiller frottant contre le tissus, de ses nymphes gonflées, qui la taraude d’envie et Benoîte se venge de la lubie d’Alix en le mordant féline.

    Comme si c’était ce message qui attendait , Alix lui prenant le visage entre ses mains, l’attire et l’embrasse longuement avant que de la remercier pour ce doux instant. Puis en des gestes tendres et mesurés, il la couche sur le tapis et la libère de sa servitude de coton et subitement, elle devient femme.

     

    Je.. JeuxL’imaginer au travers de ses lectures de romans de gare, de rubriques sexo des magasines empruntés aux copines, aux salles d’attentes était irréel et froid comparer à la chaleur du regard d’Alix.

    La figeant nue, ouvertes, il lui caresses cuisses, mollets, pieds avec une infini patience, lui faisant oublier sa timidité d’être ainsi offerte. Ni Raymond, ni Victor ne lui avaient offert cet instant d’exhibition où son être oscille entre amoralité et pudibonderie, démence qui la plonge à rechercher en cet homme, qu’exposer sa chair, son être est naturel et beau. Se sentiment de beauté la fait justement tressaillir autant que les déplacements d’air engendrés par les mains d’Alix sur son épiderme.

    Que voit-il de séduisant cet homme ?

    Se demande Benoîte.

    Les crèmes, les onguents ont-ils comme l’assure la publicité et son esprit faisant taire sa radinerie devant le gouffre financier ouvert au nom de la beauté suffit à encapsuler une jeunesse éternelle ?

    Ma peau est-elle toujours souple, chatoyante ?

    Ma poitrine toujours enjôleuse malgré l’affaissement inévitable de mes muscles pectoraux ?

    Mon ventre est-il assez plat ?

    Mes fesses toujours si bien dessinées ?

    Ma vulve n’est-elle pas trop généreuse ?

    Alix ponctue ses inquiétudes en lui substituant du bout de sa langue sur le capuchon de son clitoris, un point final à celui interrogateur de son esprit.

    Il aime, elle le sait, le ressent à ses façons, cette délicatesse lorsqu’il passe sa langue sur le pourtour de ses nymphes, avant qu’en ogre de lui dévorer la vulve, happant, titillant la chair purpurine de ses grandes et petites lèvres. Ses succions successives sur son clito, marquant le S.O.S de son être en perdition, il en martèle la surface, l’agace par de lents balayages le forçant à se dévoiler d’avantage, à s’offrir glorieux.

    Benoîte jouie avec une simplicité qui la déconcerte, accepte d’être, sybarite, un désir, un phantasme, une femme.

    Elle s’alarme un bref instant et entame par inexpérience, un mouvement de recul quand Alix vient fouiller aux portes de son vagin avec sa langue. Bédoin, lentement il s’abreuve à cet oasis qu’est devenu sa vulve, humant avec délice les alizés de sa féminité. Elle ressent son souffle sur ses cuisses, ses nymphes et son anus et elle le laisse s’enhardir, découvre en acceptant de faire de ses genoux ses pendants d’oreille, ce que ce cochon de Victor ne lui avait pas enseigné.  

    Entre ses cuisses sous la langue et les doigts d’Alix qu’elle a laisser faire, elle n’est qu’ un puit insondable, fouillé, emplit de salive, de cyprine mêlée où son esprit émerveillé, sombre, surnage et se noie dans un râle gutturale. Elle se sent contentée et pourtant Alix ne veut pas la rompre l’étreinte. Benoîte lutte vainement, lui agrippant les cheveux, mais elle cède sous le deuxième, puis le troisième orgasmes qui l’emporte aux portes de le l’hystérie.  Son être tremble de naître en ce point d’orgue de sa féminité, elle profère le cri de cette naissance, brise les anathèmes en le crachant à la face du souvenir de ses mâles paléolithiques qui ne pensaient qu’a eux, de cette société qui la veut probe, obéissante et dévouée. Elle se sent vivante et Femme, avec un F majuscule comme particule de sa noblesse révélée.

     

    Je.. JeuxNoble, altière, Benoîte l’observe passer élégamment un préservatif sur sa verge. D’où, il le sort, elle l’ignore.

    Elle  répond à son invite.

    Alix l’embrasse longuement, puis la colle contre la rampe  et se retenant au barreaux de celle-ci, elle se laisse prendre debout en levrette.

    Si sa bouche avait pu mesurer la forme du sexe d’Alix, cette fois c’est son vagin qui se comble sous la poussée légère de son amant. Benoîte, chancelle,  s’ étonne d’être le fourreau non plus d’allumelles, mais d’un braquemard qui étire ses muscles avec douceur et science. Sans précipitation, elle laisse s’imprimer en ses hanches les mouvements d’Alix. Elle danse avec, sur lui, possédée. Elle veut s’abandonner, se laisser bercer par son amant, mais elle perçoit comme une désharmonie dans le rythme, en phase régulière, le bassin d’Alix, marque une pause. Espace de non temps qui lui offre, ordonne de s’exprimer, d’imprimer par l’ondulation de ses fesses, les contractures de son vagin, à jouer, inaccoutumée, sa propre partition. Elle qui n’a jusque là été bien passive dans ses rapports sexuels, se découvre l’âme d’un soliste et en sa chair, ses sensations, elle trace une à une les notes et s’empresse de les interpréter sur la verge d’Alix, jusqu'à ce que l’orgasme en chef d’orchestre mette fin à leur duo. Avec regret, elle laisse le vide l’emplir, forer le puit de son vagin, ses nymphes se clore, son clitoris se draper de sa timidité coutumière et se terrer. Le jeu est terminé…





    © 2012 – Thierry TE DUNNE
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