• Libertin(e) Je suis...

     

     Libertin(e) Je suis...

    Libertin(e)
    Je me souviens que l’être que j’étais, enferré et fier de l’héritage de ses pairs.
    Emporté par sa vie, oubliant ses envies…


    Je n’étais qu’un trait pour raturer ma nature, que d’autres jugeaient impures et sous leurs volontés, je n’osais me courber. Chêne fier et dur, un roi en leur nature, qui sous couvert de légalité se laissait célébrer, dans le sang d’un hyménée, sur l’autel d’un mariage, dans les cris d’un nouveau né.


    Esclave de ses paires qui eux-mêmes enchaînés, n’osant se délivrer me laissaient être fier d’être de leur société. M’assurant que ses annones journalières payées à leur tribut étaient là mes vœux authentiques, des simples volontés du père depuis le début de la vie. Le prix pour être un éphémère bien rangé, sérié, classé et qui ne savait s’avouer.


    Je me souviens que l’être que j’étais, enterrer et fier sous l’héritage de ses pairs et le goût de la terre à la première pelletée venue me délivrer.

     L’acidité de cette colère, brûlant mes lèvres, mon sang, mon ventre, mon être entier. Cette force qui m’a fait avouer, ce “vous m’avez tous mentis” lorsque mes chaînes se sont brisées et ce bruit, cette résonance qui les a tous anéantis.


    Je me souviens que l’être que je suis, cet humain qui en cette ère de liberté, sous la lumière de vérité cherchée et trouvée, s’est enchaîner à ses volontés. 

    Libertin(e) enfin je suis…


    Libertin, une particule gagnée au combat de mon existence, champ de bataille sans ennemi, où les armes sont mains et cœur épris pour faire de l’adversaire un frère, celui qu’on se doit à soi.


    Libertinus, esclave affranchit des chaînes des us, être de corps et d’esprit enfin unis, qui volontaire sous cette unicité s’est de nouveau enchaîné.

    Fers moins lourd à porter en cette chiourme zélée qui revendique ses volontés d’aimer. Aimer l’indivisibilité de l’être qu’il est, qui donne, mais ne se rend jamais.

    Aimer ce pluriel pour sa beauté, aimer ce singulier unique écho de son existence avec lequel il bâtit.


    Libertin(e) je suis….

     

    © 2012 – Thierry TE DUNNE
    Tous droits réservés – Reproduction interdite sans autorisation de l’auteur.