• String

    String

    String

    Moi, le mauvais écolier que n’ai-je enfin trouvé la science de calculer l’angle d’attaque des sommets de ce si petit triangle isocèle qui me cache sa nudité.


    Sans lui, elle sera enfin nue et je pourrais l’admirer, si Pythagore l’avait eu comme exemple, le monde des mathématiques s’en serait bouleversé et bon nombre de cancres ne seraient pas nés.


    Sans lui, elle sera enfin nue et des yeux, sans la toucher, je parcourrais son ironie verticale, jusqu’à cet endroit, où sa frondaison pubienne n’est qu’un autre triangle isocèle encore plus doux et plus soyeux que celui qui la dissimulait.


    Sans lui, elle sera enfin nue et ses lèvres finement ourlées teintées de ce rouge de pouzzol fortement dilué à la chaux se draperaient d’impudeur pour se fondre en ce rouge de venise clair qui annonce inexorablement son excitation.


    Sans lui, elle sera enfin nue et lentement perlerait la rosée de son désir et  inonderait cette oasis dénudée, où Bédoin, je viendrais me désaltérer.


    Sans lui, elle sera enfin nue et moi le cancre, assis au fond de sa classe, je pourrais arrêter de rêver et éviter de prendre ce zéro fatidique qui me pend au nez.


    Mais sans lui que deviendrait ma vie d’écolier amoureux de cette femme mathématicienne qui tente vainement de m’enseigner le calcul des degrés des sommets d’un triangle, moi ce cancre ensommeillé et qui rêve à sa beauté.

     


    © 2010 – Thierry TE DUNNE
    Tous droits réservés – Reproduction interdite sans autorisation de l’auteur.