• Une goutte vient

    Doigt de Dame posé sur tes lèvres en interdiction

    Me grondant d’être sage et de renoncer à mon ambition.

    Doigt de Dame muselant ses lèvres, leur interdisant le moindre commérage.

    Pour que d’autres ne puisse exprimer leur indignation.

    Trop de sagesse pour y fomenter une rébellion.

    Une goutte pourtant vient…

    Ronde, cuivrée, déposée sur le lobe de ton oreille comme une bénédiction.

    Un vœu de bonheur, une absolution.

    Elle trotte coquine sur ta peau attire regard et lèvres et délit le mot.

    Une goutte pourtant vient…

    Glisse sur ton doigt de Dame qui interdit la sédition.

    Marque son mécontentement de n’être bue par ce tissu lui refusant cette destinée à laquelle, elle s’était vouée.

    Une goutte pourtant vient…

    Sagesse contre espièglerie en un combat singulier qu’elles se veulent à gagner.

    Question de dignité pour ses dévergondées et lentement sous leurs morsures ton corps quitte sa posture.

    Comme les portes d’une forteresse assiégée au peuple assoiffé, tes genoux naguères si serrés s’entrouvrent sous d’hésitantes pensées, recherchent en cette pluie la vie.

    Lent mouvement mécanique de tes adducteurs qui tel les dents d’un engrenage libèrent les entraves et entrouvrent tes cuisses révélant le galbe anthracite de tes bas, le terre de sienne de ta peau, enclave entre le feston de tes jarretières et ton Shorty.

    Impénétrable tissu qui marque de sa couleur à mon regard cette heure entre chien et loup et confond tout.

    Une goutte pourtant vient…

    En représailles pour l’âme de ses sœurs bafouées se met à révéler.

    Jeu de transparence où la peau reste cachée sous le tissu auréolé des larmes de ses chipies trahies.

    Habiles artisanes qui repoussent en mourant la matière de ta culotte trop sage et livrent dans l’agonie à mes yeux embrumés d’envie tes plis.  

    Bouche aux lèvres pincées dénudées de leur duvet s’affiche en élégance.

    Doux renflements du tissu, vénusté charnue, pèlerine de soie d’une nuit de jais.

    Plus évocateur que la vérité de ta peau nue, obscurité étirée par la chair pour tenter bouche, doigts, mains à crier leur envie.

    Cris muets que je prononce.

    Pincements amusés de tes nymphes pour apprendre en tâtonnant les mathématiques de ta féminité, à compter sur mes doigts.

    Jeu de langue sur le solitaire que mes doigts on excavé des plis du tissus pressé, détrempé.

    Un doigt de Dame se pose sur tes lèvres en une reddition et déchire le rideau de cette nuit inondé.

    Ordonnant à l’esprit né de ses défuntes chipies d’honorer leur mémoire dans la clarté.

     

    © 2014 – Thierry TE DUNNE
    Tous droits réservés – Reproduction interdite sans autorisation de l’auteur.